REVUE 13
Pourquoi la nuit est noire ?
 Pour la plupart d’entre nous la question semble triviale. La nuit est noire parce que c’est la nuit, la nuit est noire parce que le soleil est couché…
Pourquoi tant de grands scientifiques se sont-ils alors posés une telle question?…. Pas si simple qu’il n’y paraît.

Le noir, est l’absence de lumière …, pourtant de la lumière dans l’espace, il y en a : elle vient des étoiles (qui sont des soleils).
Imaginons nous au milieu d’une forêt dense, où que notre regard se tourne, nous ne voyons que des troncs d’arbre et rien d’autre. De la même façon, l’espace étant infini et le nombre d’étoiles considérable, notre regard ne devrait rencontrer que des étoiles emplissant le ciel nocturne.
Ce qui n’est évidemment pas le cas.


 Qu’est-ce qui peut expliquer cette nuit noire ?
Est-ce le fait que la plupart des étoiles sont trop lointaines et ainsi «trop petites» pour être visibles ? Le calcul montre que la somme de tous les rayons serait suffisante à éclairer le ciel…
Y aurait-il des « étoiles sombres » qui cacheraient la lumière des «étoiles brillantes» ? Non plus, leur nombre devrait être beaucoup trop important pour que cette hypothèse soit plausible…
Est-ce alors une répartition des étoiles par super «amas», qui laisserait de grandes zones vides de toute matière, donc noires ? Ce que nous savons aujourd’hui de la répartition de la matière dans l’univers infirme cette hypothèse

 

 C’est l'écrivain Edgar Allan Poe qui apportera la solution, en mêlant l’espace au temps : «Si la succession des étoiles était illimitée, l’arrière plan du ciel nous offrirait une luminosité uniforme, comme celle déployée par la galaxie – puisqu’il n’y aurait absolument aucun point, dans tout cet arrière plan, où n’existât une étoile. Donc dans de telles conditions, la seule manière de rendre compte des vides que trouvent nos télescopes dans toutes les directions est de supposer cet arrière plan invisible placé à une distance si prodigieuse qu’aucun rayon n’aient jamais pu parvenir jusqu’à nous.» (E. A. Poe, «Euréka» 1848)

 

 Des étoiles jeunes et lointaines nous envoient leur lumière ; mais si cette lumière voyage vite (300 000 km par seconde), les distances à parcourir sont extrêmement grandes. Ainsi beaucoup d’entres elles sont invisibles car leur lumière n’est pas encore parvenue jusqu’à nous. Même si l’univers est infini, nous n’en voyons qu’une partie, l’«univers visible», fini, contenant un nombre d’étoiles trop faible pour recouvrir le ciel nocturne.
Et la solution semble alors évidente, elle découle de la vitesse finie de la lumière et de l’âge des étoiles.
Cette solution reste encore aujourd’hui formellement correcte.

 

Pour ceux qui voudraient en savoir plus je recommande la lecture du livre d’Edward Harrison « Le noir de la nuit » aux éditions Point Sciences.
Je rappelle que toutes les illustrations et textes cités sur ce site restent la propriété de leurs ayants droit légitimes. Ils seront retirés à leur demande. Toute utilisation à but commercial de matériel se trouvant sur ce site sans autorisation de leurs ayants-droit est bien entendue proscrite.

REVUE 13