EDITO

Le béton armé n'est pas loin d'être le matériau de construction idéal :
Solidité : il supporte les lourdes charges, il permet les longues portées, le tout en étant d'une relative finesse (une dalle de 18 cm d'épaisseur porte facilement sur 6 ou 7 mètres),
Pérennité : un bâtiment en béton armé, régulièrement chauffé en hiver (le gel est le seul véritable ennemi du béton) durera facilement un siècle, voire plus (on manque de statistique sur la longévité du dit matériau, un jeunot dans l'histoire de l'architecture).

  • Extrêmement résistant à la chaleur et au froid.
  • Extrême plasticité
  • Coût modéré.
  • Méthodes ultra connues de mise en œuvre en atelier (la préfabrication) ou sur site (le coulage en place)
  • Technologie "low-tech" si nécessaire, pour urgences ou régions pauvres, les qualités primordiales (solidité, pérennité) du béton peuvent être assurées basiquement par peu d'ouvriers et un matériel rudimentaire (coffrage en planches de récupération, bétonnière).
  • Matériau mondialement connu, sous toute latitude, il est toujours possible de trouver des ouvriers ayant l'expérience de ce matériau.
  • Isolant, certes basique, mais néanmoins réel, d'un point de vue thermique et phonique...

Je m'arrête ici, car je n'en viendrai pas à bout, en effet, le béton armé sert à tout, pour tous et peut répondre, tel l'aspirine en pharmacie, à nombre de contraintes. Il fut néanmoins victime de son succès (on le verra dans l'un des textes) et reste contraint de trouver des défenseurs actifs et pugnaces afin de continuer à exister comme option esthétique.


En effet, son sort tragique fut d'être attaqué sur ses deux flans : par les mandarins archaïques, qui jugeaient cette matière grise et grumeleuse indigne de servir à l'architecture, mais également de manière plus sournoise par les talibans de la modernité qui lui firent supporter tous les espoirs promis par leur doctrine. Le béton n'en put mais.