revue  
n° 33 Mai/Juin 2007
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Histoire du paysage français : De la préhistoire à nos jours
de Jean-Robert Pitte (Auteur)

 

Compte-rendu
Bernard PRINGUET
Mars 2007

 
Quatrième de couverture
Façonné par deux cents générations d'hommes, le paysage de la France est le plus divers qui soit : ne s'accorde-t-on pas à y reconnaître plus de six cents régions agricoles? Cette diversité est fille de la nature, mais plus encore de la culture : contrairement aux idées reçues, il ne saurait exister en France le moindre pouce carré d'espace « naturel ». Mus par la soumission au cosmos, puis par la volonté de transformer le monde, les hommes ont sans cesse remodelé le paysage. De la préhistoire aux aménagements les plus récents, l'auteur suit pas à pas les innombrables transformations du cadre de vie, dont nous sommes à la fois les héritiers, les auteurs, les utilisateurs et les observateurs. Urbanisme monumental et espace symétriquement ordonné de la Gaule romaine ; villes encloses de murailles et « blanc manteau d'églises » de la France médiévale; cités nouvelles du grand siècle, surgies de l'imagination des princes; landes reboisées, marais asséchés, villes remodelées par l'industrie triomphante ; campagnes défigurées et surexploitées, mornes banlieues du XXe siècle : autant d'aspects, parmi d'autres, d'une aventure riche et fascinante, qui fait du paysage un témoin privilégié de notre histoire culturelle.

En vingt ans, L'Histoire du paysage français est devenue un classique, alliant la qualité de l'écriture, la saveur de l'érudition, l'originalité des idées et la volonté d'être accessible. Alors que la qualité de la vie et la qualité des paysages, inextricablement liées, constituent une préoccupation essentielle des Français, cette édition revue et mise à jour est plus que jamais d'actualité.

 
 

 

 

 L'auteur nous mène par le menu dans l' histoire du paysage français et de ses transformations. Ce que je ne saurai faire dans ce résumé. On y apprend que la France y est plus couverte de forêts aujourd'hui qu'au 1° empire. Les guerres napoléoniennes coûtant chère en bois déjà géré depuis Colbert p.239
25/100 de la surface au lieu de 35 (on crée les Eaux  et forêts pour y pallier 1824 p.284). Que l'agriculture moderne a importé avec le temps de nouveaux produits (par ex: la pomme de terre p.241) . Que les manière même de la pratiquer n'ont jamais été éternelles: la jachère apparaît en 800 et se change au XIII° siècle en assolement et transforme le paysage des terres agricoles. Parcelles personnelles et privées, elles deviennent communes: ainsi naissent les campagnes ou champagnes (p.129).
Le moyen- âge, la Renaissance, la période classique française puis la révolution politique et industrielle jusqu' à nous transforme humainement et naturellement le paysage.
 
Le XIX° siècle  peut être particulièrement remarqué. A la fois pour l' échelle de ses métamorphoses que pour celles-ci. Le développement industriel de grande envergure qui dans le siècle suivant verra des usines grandes comme des villes (Usinor- Dunkerque pour la métallurgie). Le Creusot de la famille Schneidre  qui crée autour de l' entreprise une ville pour ses ouvriers (son éco-musée est à voir). La fin du siècle voit aussi des guerres tout aussi radicales dans leurs progrès de destruction. Enfin, les villes, l' exemple de Paris et des transformations haussmaniennes suffit à montrer que l'on ne se soucie pas du passé. Comme pour les châteaux du moyen âge, le plus souvent abandonnés ou en ruine à cette période. Il faudra ainsi attendre le XX°siècle et un "office des monuments historiques pour les relever.

Ainsi, les conflits récents entre remembrements et "débocagisations" relevant d' une "écologite" (p.344) puisque l'auteur (p. 41) fait de la présence du bocage une technique si ancienne qu'elle soit (peut être néolithique ou plus récente: médiévale) un problème de tradition ou d'incapacité d'y implanter l'openfield.

Dans sa conclusion, l'auteur prend en compte la rapidité aveugle de destruction de notre modernité contre laquelle l'idée de patrimoine s'oppose. A une transformation anarchique s'oppose la mise sous globe de ce qui est.
Entre les deux J. R. Pitte propose une recherche plus réfléchie et vivante du paysage (campagne, forêts, villes) recherchant la beauté et dans la dynamique de celle-ci comme dans celle de la vie

B.Pringuet

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