REVUE 9

Une poétique de l'ornement : la littérature maniériste et baroque 2

Si l'ornement occupe une place centrale dans la poésie post-renaissante, c'est qu'il s'agit d'abord de prendre pour modèles des œuvres jugées indépassables: celles de Pétrarque et de Ronsard, le second ayant déjà lui-même largement puisé chez le premier. L'imitation se situe donc au cœur de la genèse des textes. Selon les expressions en vigueur à l'époque, on pétrarquise, on ronsardise. Le talent du poète se limite, le plus souvent, à la reprise habile de motifs hérités, à la multiplication ingénieuse de savantes et minimes variations sur des thèmes relevant du même langage courtois. Par exemple, nous trouvons la métaphore du brasier amoureux sous la plume de tous les poètes du temps :

 

Abraham de Vermeil :

Apaise tant soit peu mon brasier amoureux…

Agrippa d'Aubigné :

Nos désirs sont d'amour la dévorante braise…

Flaminio de Birague :

Je sens le feu d'Amour qui me gèle et qui m'ard …

" Ardre " signifie " brûler "

C.Hesteau de Nuysement :

Ah que je sens le feu dans mes bouillantes veines…

Etc.etc.

JM ALLAIS venise3

 

Je rappelle que toutes les illustrations et textes cités sur ce site restent la propriété de leurs ayants droit légitimes. Ils seront retirés à leur demande. Toute utilisation à but commercial de matériel se trouvant sur ce site sans autorisation de leurs ayants-droit est bien entendue proscrite.

REVUE 9