EDITO PREFIGURATIONS COM. 14

Suffit-il qu'un régime soit très vilain pour que son art soit "de mauvais goût" ? Non, l'art le plus intéressant peut se révéler ignominieusement immoral et la figuration pavée de bonnes intentions formelles se révèle plus souvent qu'à son tour atroce.

Car c'est bien d'intentions et de formes qu'il s'agit : en s'interrogeant sur ce qu'est l'art officiel de peindre le roi avec L. COUSTEIX, sur le rapport plutôt flou aux idéologies des années 30 de célébrités comme Picasso et Le Corbusier tout comme, aujourd'hui, sur la mise au placard d'artistes politisés français dans les musées nationaux avec E.BREON, conservateur du Musée des années 30 de Boulogne, nous continuons notre enquête sur ce que peut faire la figuration : parler.

L'analyse d'Aurore CRESSON est très éclairante sur ces questions d'idées et d'images: du cinéma russe de Vertov, à l'image de l'Amérique chez Coppola, du discours de l'image de J. Epstein au refus de discours de D.Lynch, des précisions de Hegel cooncernant le cinéma de Wong Kar-wai, Prefigurations avance au plus près de ce que fait une image (considérations sur l'affiche russe en exposition) et que notre époque doit penser.