REVUE 25

La formation des villes et des campagnes

1- Le nomadisme : peu de traces laissées sur le territoire

 

Au commencement, les hommes étaient nomades, chasseurs cueilleurs, puis bergers guerriers. Ce mode de vie laisse peu de traces sur le territoire, et si des chemins prennent forme, ils ne sont pas aménagés et ne sont pas permanents.


Le nomade reste présent dans l’imaginaire du sédentaire, fascinant et inquiétant, car totalement libre.


2- La sédentarité couplée à la mobilité : formation de la campagne, des voies de communication, des villes.

 

L’agriculture a provoqué peu à peu la sédentarisation de l’homme, la transformation du territoire par son découpage en surfaces productives : champs, forêts, vergers…et l’établissement d’un repère permanent: le village.


Lucian Blaga, dans Eloge du village roumain, (1990) définit le village comme une «communauté spatiale et humaine localisée caractérisée par la rigidité de ses frontières, où chacun dispose quasiment du même savoir et du même statut. On y vit en autarcie, en fusion avec un lieu, un sol.»


Les voies de circulation aménagées apparaissent alors, matérialisant le déplacement entre deux espaces, mais supposant la permanence des espaces qu’elles relient et qu’elles traversent. Ainsi, elles supposent un mode de vie sédentaire, où la mobilité est possible.


L’agriculture a engendré les villages, le commerce engendre les villes.


« La ville, au contraire du village, est par nature membre d’un réseau. Chacun y a une compétence partielle, et est incapable de survivre seul. C’est un lieu d’échange, de transformation, de pouvoir. Sa stratégie est basée sur son futur, la ville existe pour atteindre un but. » (D’après Lucian Blaga, dans Eloge du village roumain, 1990).


La multiplication et la croissance des villes accompagnent le développement des voies de communication.

Les premières villes sont avant tout des ports. Les fleuves ont longtemps constitué les premières voies des échanges commerciaux et des invasions.

La ville est entourée de la campagne qui l’approvisionne. Ses limites sont claires, souvent matérialisées par des remparts. On trouve en dehors des murs la banlieue (terme qui apparaît au 12ème siècle) d’étendue limitée et occupée par des artisans, ou des faubourgs, excroissances d’habitation ponctuelles, qui participent progressivement à l’extension de la ville. (Francis Godard, la Ville en mouvement, éd. Découvertes Gallimard- Culture et société- 2001)


Le développement de la mobilité terrienne a été progressive, car les routes ont longtemps été davantage considérés comme sources de périls (pillages, truanderie, invasions) qu’instruments de richesse. De plus, la mobilité était réservée aux hommes de pouvoir, aux commerçants, aux guerriers, mais aussi aux individus en marge comme les mendiants, les « voleurs de grand chemin » : mobilité, pouvoir, richesse, et liberté sont ainsi toujours liés, inspirant à la fois crainte et fascination.


Les premières routes furent réalisées pour des raisons militaires (voies romaines), religieuses (routes des pèlerinages à Saint-Jacques de Compostelle au 12ème siècle), puis dans un but de communication (routes de poste aux 16ème et 17ème siècles). Les voies romaines furent tout au long du Moyen-âge la base du réseau de circulation.

 

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