REVUE 25

Amplification de la mobilité : vers de nouveaux usages du temps et de l’espace

 

1- La constitution du réseau de voies de communications

 

A partir du milieu du 18ème siècle, l’expansion continuelle de la technique, à travers l’expansion de tous les moyens de communication, et la consommation du territoire, mène à la révolution industrielle au milieu du 19ème siècle et à une nouvelle ère urbaine. Le réseau actuel repose en grande partie sur celui qui a été réalisé aux 18ème et 19ème siècles. Les grands axes anciens ont subit tout au long de l’histoire des adaptations par des élargissements, des nivellements, des raccords entre voies.


L’accès à la mobilité se démocratise progressivement. Le réseau routier se rationalise dans un souci militaire mais aussi économique, avec l’apparition des ingénieurs des ponts et chaussées, et le développement du réseau sous Napoléon 1er.


Avec la révolution industrielle, les villes attirent de plus en plus de populations rurales qui y travaillent et y habitent. Les secteurs urbains se spécialisent, les bâtiments deviennent gigantesques, les banlieues se surpeuplent, les remparts disparaissent. Les contours de la ville vont être de plus en plus incertains et mouvants.


2- La montée exponentielle de la vitesse : le chemin de fer, la voiture, et enfin les télécommunications

 

Chemin de fer…


L’essor du réseau ferroviaire (le premier chemin de fer de la région parisienne en 1837) constitue une évolution importante, l’heure se substituant au jour comme étalon de mesure du temps de déplacement. (Passage de 15 km/h à 40 km/h, du galop des malles-poste aux premiers trains). (Francis Godard, la ville en mouvement, éd. Découvertes Gallimard- Culture et société- 2001)


Tout d’abord destiné au tourisme, aux personnes aisées qui pouvaient construire une villa dans la vallée de la Seine, ou sur les côtes françaises, il a rapidement modifié l’organisation du territoire.

L’approvisionnement de la capitale en produits agricoles par le train a engendré un changement des pratiques agricoles. La couronne vivrière de Paris (maraîchage, vergers, élevage…) a perdu son utilité et s’est disloquée peu à peu.

Les emplacements des gares, choisis en fonction de l’urbanisation existante et future, ont engendré de nouveaux aménagements urbains, de nouveaux centres d’urbanité*.


L’affirmation de la voiture

Des routes de grande communication apparaissent, reprenant tant que possible les anciens chemins mis en continuité, et elles se détachent sur le fond du réseau maillé des chemins, par les travaux d’alignement et d’élargissement, les percements. En même temps sont aménagées des voies diagonales, des rocades sur les anciens chemins.
Les voies ferrées et ces grandes routes entament le processus de différenciation des territoires.
A partir de 1900, on poursuit les liaisons de centre à centre et entre les centres et les portes de Paris, ainsi que les tracés d’extension des centres.


Les routes ont été modernisées par leur goudronnage à partir de 1919.


L’institution des congés payés révolutionne l’utilisation des transports et la «consommation» du paysage. La mobilité se démocratise toujours plus. Les autoroutes apparaissent dans les années 50, révolutionnant à nouveau notre rapport à l’espace et au temps.


Les télécommunications : la simultanéité, ou la fin de l’accélération

A la mobilité réelle s’ajoute la mobilité «imaginaire», du téléphone à Internet, qui assurent la circulation d’informations dans l’immédiateté, et révolutionnent radicalement notre rapport à l’espace et au temps. La mobilité «imaginaire» gagne nos lieux de résidence.

Même si nous ne sommes pas de vrais nomades physiquement, nous devenons de vrais nomades «virtuels», grâce aux «médias de masse». Ceci modifie radicalement notre rapport au temps et à l’espace.

 

 

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