REVUE 1

L'opération de figuration semble se décomposer pour le peintre comme pour le spectateur en plusieurs mécanismes simultanés.

Que l'analyse qui suit, révèle un sens que le peintre n'aurait pas mis n'indique nullement qu'il ne s'y trouve pas !

Il y a nus et Nu.

Et les remarques de Benoît Cambois ouvre la réflexion à ces distinctions.

 

Nu vu par un psy

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Un jeune homme me raconte : " Quand j'avais quatre ans, mes parents ont eu leur première fille. Un jour ma mère allaitait le bébé ; je me souviens très bien que j'étais très mal à l'aise en voyant cette scène.

Aujourd'hui je me rends compte que ma gêne tenait à un très violent émoi érotique. Elle tenait évidemment à ce que j'ai eu peur que ça se voit, que ma mère ou un autre témoin de la scène, mon Père peut-être, ne voit mon intense désir, et que mon regard sur les seins nus de ma mère n'avait rien du regard innocent d'un tout petit, mais était déjà celui d'un garçon sexué, sensuel et traversé de désirs intenses ".

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Ce témoignage, avec d'autres de même nature, m'a amené à voir du déni dans des réflexions du genre de celle de DUBUFFET : " l'art n'a pas plus à faire avec les appels du sexe qu'avec ceux de l'estomac ". cette façon de voir est probablement en rapport avec un processus psychologique bien connu : le refoulement suivi de la sublimation.

Les émois érotiques que nous pouvons ressentir en regardant un corps nu, sont repoussés hors de la conscience, mais reviennent sous la forme d'un intérêt esthétique déshabillé de tout désir.

La réflexion de DUBUFFET qui fait appel à l'estomac, attire l'attention sur deux aspects vitaux : la bouffe et le sexe, complètements présents, tous deux, dans la scène décrite par notre jeune homme.

Nu vu par le psy vu par le peintre.

 

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