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"Economie de la série : Warhol"

 

Duchamp disait en regardant les boites de soupe Campbell de Wahrol que leur intérêt ne résidait pas dans la rétine de celui qui les avait peintes mais dans l'idée même de les avoir représenter.
Cet aphorisme résume assez bien la démarche de A. Wahrol et de bien d'autres après lui. La production d'un système de pensée dans lequel l'objet produit n'a pas de valeur en soi mais n'a pour but que de produire du sens et qui, par réflexivité, amène leurs auteurs à produire des objets en adéquation avec leur système de pensée. Le but résidant dans la démarche de production de l'objet et non plus dans celui-ci. Un sens issu d'une réflexion sociale dans le cas présent.

 

 

La réflexion de Wahrol est déduite des obsessions de la société de consommation des années 1960 aux Etats-Unis. Son apparition donc est liée à l'Amérique, à cette époque particulière. Nulle autre qu'elle n'aurait pu le produire, tant le personnage s'est identifié à un rouage de cette société.
L'avènement d'une société influencée par la publicité et centrée sur une culture de la production et de la consommation de masse l'a amené à penser et construire une démarche artistique différente .

 

Il a commencé à produire en série de manière répétitive des images d'objets usuels. Boites de soupe etc.. comme en produisait les manufactures américaines. D'où le surnom de popart qui lui a été donné qui peut être traduit comme art populaire ou art qui surgit du verbe to pop.

 

 

Par cette transposition il modifiait le regard et la propre conscience qu'avait cette société d'elle même. Une transposition qui s'explique aussi par des raisons historiques personnelles.

Quittant la publicité où il réussissait, il a théorisé le nouveau domaine qu'il convoitait afin qu'il lui assure la même notoriété et en tout cas les mêmes revenus financiers. C'est une pensée de l'efficacité et de la réussite économique et sociale, de sa réussite. Préoccupations légitimes mais aussi cohérentes.

Sa démarche qui ne retient que l'aspect superficiel des choses est aussi une réaction à l'expressionnisme abstrait en vogue alors à New York. En réaction à ce qui se passait au même moment avec Greenberg, Newman ou Pollock .

 

Il arrive à une idée systématique dont le point fort est la cohérence, emprunté au modèle économique et ses corollaires qui l'entourent. Ce qui en constitue le principal intérêt, voire le seul.

Production artistique- industrielle, art - business puisqu'on lui reconnaissait ce don des affaires.

 

L'idée principale se centrant sur la production.

Car c'est bien une idée ou un système d'idées, une réflexion possible de l'art que l'on perçoit dans sa production et qui peut être considéré comme son œuvre. Il ne s'agit pas de s'émouvoir le moins du monde devant un des objets qu'il a fabriqué.

Chaque objet ne vaut que par sa surface et n'est pensée que comme le résultat répétitif d'un geste et d'une intention mécanique. Ce qui lui a fait penser que les musées du futur seraient les supermarchés.

 

Pour ce faire il a particulièrement utilisé la suite et sa valeur démonstrative. En reproduisant par la sérigraphie des portraits d'actrices. Il crée des suites mettant en évidence l'effet dénaturant de la répétition. La série des " M. Monroe " ou celle des " E.Taylor ". Chaque sérigraphie ( là encore un procédé mécanique ) n'a aucun rapport avec le modèle choisi du portrait .

 

Variant suivant le hasards et les accidents causés par le procédé de reproduction on assiste à une production symbolisant l'ensemble des images projetées par le public sur les actrices, mettant en évidence l'action aliénante d'une production en masse. E.Taylor qui existe essentiellement par le regard des autres se trouve disséminée et éclatée par cette machine à produire des images qu'est Hollywood.

Chaque projection ne contribuant pas à cerner mieux l'objet mais en proposant une variation à l'infini. Il s'agit de matérialiser une réflexion sur l'image qui est fabriquée et consommée comme une denrée par cette société. Le but qu'il s'était assigné étant en partie manqué du fait qu'il ne réussit pas à éliminer tout aspect sensible de sa production. Ne serait ce que dans le choix des couleurs de ses sérigraphies ou par l'aspect des aplats que l'on y trouve, qui dénotent un certain goût.

 

JM Allais 03-10-2001

ANDY WARHOL

La figuration de Warhol a quelquechose de fascinant : sa capacité de produire des images faciles, colorées, avec sens, sans sens, distantes, percutantes toujours doubles :

Le site en français sur Andy Warhol

http://www.blue.fr/andy/menu.htm

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