REVUE 3
ONOMATOPEES & AVATARS..

 

Par M. LEIPP

 

BOUM imite le bruit de ce qui tombe ou explose. Il y a même un dérivé : badaboum dont les deux premières syllabes seraient peut-être influencées par... patatras.

Difficile d'être précis dans le monde très inventif des onomatopées qui pour beaucoup commencent leur vie dans le langage familier et ont donc un accès très tardif aux dictionnaires (qui sont livres sérieux, comme chacun sait), si bien qu'on a toutes les peines du monde à retracer leur origine.

 

Le mot équivalent anglais BOOM a déplacé l'idée d'effet sonore à celle de soudaineté. Ainsi le mot a été utilisé en terme de bourse dans le sens de " hausse brusque des valeurs " et par extension période de hausse rapide (comme le célèbre " baby boom "). A noter que le mot BOOMERANG n'a rien à voir avec boom : il dérive probablement du nom d'une ethnie de la Nouvelle Galles du Sud en Australie (à peu près wo-mur-ràng). C'était pourtant tentant !

 

SPLASH : mot anglais qui veut dire éclabousser et que l'on a emprunté comme onomatopée (Platschen en allemand, plaska en suédois avec une racine germanique commune à ces trois langues " PLAT " qui veut dire frapper). Il faut noter que d'une manière très logique, le langage essaye de coller aux sons dès qu'il s'agit de mot évoquant des bruits. Chacun entendant à sa façon puisque les équivalents français de splash sont FLOC, FLAC (qui subit, sous réserve, l'influence du latin " Flaccus " : flaque) et PLOUF !

 

 

 

CRAC : cette onomatopée attestée en 1492 doit elle aussi être bien antérieure à son apparition dans un texte écrit. A cette époque il s'agissait du cri d'un faucon malade (on peut donc supposer que cet oiseau " craquète " quand il est malade ? le craquètement est aujourd'hui le cri de la cigogne, de la grue et de la cigale ) Tout le monde semble être d'accord sur le bruit émis et verbalisé en " craquer " puisque l'allemand dit " krachen " et l'anglais " to crack ". Deux anecdotes à leur sujet : le néerlandais à emprunté le mot krach à l'allemand et est à l'origine de sa vulgarisation suite à l'effondrement des cours de la Bourse à Vienne le 9 mai 1873 ; tant qu'à l'anglais nous lui avons piqué les délicieux petits crakers, et le moins amusant " se crasher " ! (comme quoi les mots ont fait l'Europe bien avant l'heure...)

 

 

PSCHITT m'a donné du fil à retordre. Il est pour le moment absent de tout dictionnaire. Sa seule origine semble être due à la marque Perrier qui en 1954 a lancé le slogan " L'eau qui fait Pschitt " puis " pour vous, cher ange, Pschitt orange, et pour moi, garçon, Pschitt citron ", n'est-ce pas mignon tout plein ? J'ai trouvé un commentaire d'un internaute américain qui trouve ce mot " unspeakably hilarious " c'est-à-dire inexprimablement hilarant et qui avec un de ses camarades mathématicien s'est même amusé à faire tout un chapitre sur la question, que vous pouvez retrouver sur le site de la très sérieuse université du Wisonsin, département des mathématiques (et là c'est moi qui trouve cela désopilant)

 

M. LEIPP Janvier 2002
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