REVUE 7

FORMES ET DENSITES

par Vincent FOUCHIER, docteur en urbanisme

 

Dans la conclusion de son livre " Les Densités urbaines de la Ville Nouvelle d'Evry. Du projet au concret. "(Editions Anthropos. 2000), Vincent Fouchier montre bien que ces notions de densités de population ont été déterminantes au moment de l'invention des quartiers d'Evry, pour l'animation, " pour la mixité des fonctions ", avec l'objectif d'un centre fort au milieu du X de structure.

Exemplaire original du catalogue de l'exposition au Grand Palais présentant les résultats du concours Evry

La lecture de la réponse de l'équipe UCY (victorieuse) fait apparaître que (..) les propositions étaient imprégnées de l'idée positive des fortes densités, jugées seules susceptibles de créer l'animation urbaine :

 

" La localisation des bâtiments hauts a été faite pour renforcer la densité au droit des pôles d'animation, marquer symboliquement dans l'espace cette volonté et créer un grand rythme d'épannelage à l'échelle d'Evry I (..) La Ville doit être conçue comme un réseau de relations, ouvert sur l'environnement, dont l'aménagement physique doit être un facteur d'incitation aux relations humaines, comme un espace de grande complexité visuelle et sociale "


(Equipe UCY, description du parti, dossier du concours 2e degré, 1971a, p81. Cité par Fouchier p130).

 

Au-delà du témoignage historique qui nous fait voir ce paysage de quartiers sous un autre angle que celui de l'architecture, les conclusions du livre de Fouchier intègrent l'évolution politique, historique, urbaines d'un tel parti :
Il rappelle que " le pavillonnaire, à cette époque, ne jouissait pas des faveurs des urbanistes : ils pensaient que le pavillonnaire ne pouvait pas participer à la constitution d'une ville, tell qu'ils l'imaginaient ", puis que le règlement de la ZAC ne prévoyait " aucune hauteur maximale " dessinant la forme des pyramides par exemple, fortes densités sur parcours piétonniers.
Mais Fouchier est surtout précieux pour préciser que " l'échéancier trop optimiste, la crise économique, les problèmes techniques de réalisation, et une image innovante qui n'a pas su séduire suffisamment, ont provoqué une première remise en cause du projet, principalement sur le plan financier.
En réaction, le programme a d'abord été densifié (pyramide n°14 principalement) et la proportion de logements locatifs sociaux a été augmentée pour compenser la lenteur de la commercialisation. Dès lors, les responsables politiques ont demandé une dédensification, et en particulier une baisse des hauteurs.

D'un climat propice à l'édification de fortes densités, on est passé à un climat hostile, suite à une transition de courte durée, au milieu des années 1970. L'épisode favorable à des densités élevées n'était-il qu'un accident dans l'histoire ? Il ne dura en fait que le temps de définir les structures de la ville nouvelle et de réaliser les premiers quartiers ". La suite est p 295.

 

Elle permet de comprendre qu'il n'y a pas un auteur unique du quartier des Pyramides, que ce quartier a été pensé sur des critères multiples notamment de population et que les changements vis à vis des plans initiaux peuvent s'expliquer par ce premier objectif jusqu'à faire mieux lire certaines politiques actuelles.

 

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