REVUE 8
L'image figure

"Nous voilà par un prodigieux retour en arrière, revenus sur le plan d'expression des Egyptiens." (Abel Gance), l'image filmique serait selon eux un signe représentant une idée, représentant le sens du mot et non les sons, mais les signes d'une écriture idéographique sont fixes, "les idées sont signifiées par les relations entre les cellules d'un même idéogramme. Une même cellule prend des sens différents selon qu'elle se trouve rapportée à telle ou telle autre. Mais les formes sont fixes.", "chaque fois que l'on veut signifier une même idée, on a recours au même idéogramme", ce qui n'est pas le cas du cinéma.

 

Il est vrai que le cinéma semble être "une nouvelle forme de langage idéographique à cette très grande différence près que les symboles figés et conventionnels de celui-ci y sont remplacés par des valeurs symboliques fugitives qui dépendent moins des objets ou des événements représentés que du contexte visuel au milieu duquel on les situe." (J.Mitry, Esthétique et psychologie du cinéma, p30).

Les mêmes idées peuvent donc être signifiées à chaque fois par des images différentes, il n'y a pas d'image fixe pour une même idée, pas de signifiant fixe pour un même signifié. L'image n'étant pas fixe pour une même idée, elle ne peut donc être un signe abstrait, "A partir des objets, le cinéma peut construire des pictogrammes ou des idéogrammes, mais beaucoup plus concrets que ceux de n'importe quel langage verbal. Trop concrets encore toutefois pour devenir des concepts, ils demeurent à l'état de pré-concepts. Jamais le film ne se fige en système purement conventionnel et, de ce fait, il ne peut s'élever à un certain degré d'abstraction." (Edgar Morin, chapitre VII : Naissance d'une raison - Epanouissement d'un langage, Le cinéma ou l'homme imaginaire, p192).


Affirmer que le cinéma est un langage universel, ce serait peut-être aller trop vite. En effet, le langage des images filmiques est universel si nous nous limitons au langage au premier degré du cinéma, pour ce qui est du langage au second degré c'est une autre histoire, il y a intelligibilité du monde dénoté, pour ce qui est du monde connoté, c'est moins sûr.

 

SUITE

Un exemple d'évolution du langage du film : la violence d'"Orange mécanique"

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